AuDHD : le chaînon manquant qui explique enfin vos contradictions
- dominiqueflour
- 2 juil.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 juil.

Pendant longtemps, j'ai eu l'impression d'avancer avec un puzzle auquel il manquait une pièce maîtresse. J'arrivais à identifier certains aspects de mon fonctionnement, mais d'autres semblaient se contredire totalement. Trop sensible et pourtant en quête permanente de stimulation. Besoin de calme absolu et incapable de tenir en place. Capable de performances remarquables et paralysée par les tâches les plus simples.
Aujourd'hui, je sais enfin. Il me manquait un élément crucial pour comprendre la totalité du tableau : l' AuDHD.
Si vous vous sentez constamment tiraillé entre un besoin viscéral de calme et une quête insatiable de nouveauté, cet article est pour vous. Loin du jargon médical, je vous propose de décrypter ce double diagnostic et de partager avec vous ce que change cette prise de conscience au quotidien.
L’AuDHD, c’est quoi exactement ?
Le terme AuDHD est un néologisme anglophone, contraction de Autism (TSA) et de ADHD (le TDAH en anglais). Il désigne la présence simultanée de ces deux neuroatypies chez une même personne.
Pendant très longtemps, les manuels de diagnostic psychiatrique (comme le DSM) interdisaient de cumuler ces deux diagnostics. On considérait que l'un excluait l'autre. Heureusement, la recherche a évolué, et on sait aujourd'hui que cette cooccurrence est en réalité très fréquente.
Certaines études estimant qu'entre 50 et 70 % des personnes autistes présentent également un TDAH.
Pour mieux comprendre, voici comment se définissent ces deux facettes :
Le TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) : Il se caractérise notamment par une hypersensibilité sensorielle, un besoin de prévisibilité, de routines rassurantes, et une manière unique de traiter les interactions sociales et les centres d'intérêt.
Le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) : Il se manifeste par une dysrégulation de l'attention, une recherche constante de nouveauté et de stimulation (recherche de dopamine), une propension à la procrastination et une impulsivité (qui peut être motrice ou purement mentale).
Avoir un profil AuDHD, ce n'est pas simplement "additionner" de l'autisme et du TDAH. C'est une dynamique interne unique, où les besoins de l'un viennent constamment télescoper les besoins de l'autre. C'est précisément ce qui rend ce profil si difficile à identifier au début, car l'une des deux facettes masque souvent l'autre.
Le paradoxe vivant : quand deux mondes s’affrontent
Vivre avec l'AuDHD, c’est souvent avoir l’impression d’être assis entre deux chaises, ou de conduire une voiture en appuyant en même temps sur le frein et sur l’accélérateur. C'est un profil fait de paradoxes intenses qui peuvent être épuisants tant qu'on ne les comprend pas.
Voici quelques-uns des tiraillements les plus fréquents au quotidien :
Le besoin de routine face à la quête de nouveauté : Ma part autistique a un besoin viscéral de structure, de prévisibilité et de calme pour ne pas saturer. Mais ma part TDAH, elle, déteste la routine, s'ennuie instantanément et réclame constamment du changement, de l'imprévu et de la nouveauté.
L'organisation chaotique : C'est vouloir désespérément planifier, lister et organiser les choses dans le moindre détail (pour rassurer le côté TSA), mais se retrouver paralysé par la procrastination ou l'incapacité à prioriser les tâches une fois le moment venu (à cause du TDAH).
La sociabilité à double tranchant : Un élan spontané et chaleureux vers les autres, suivi d'un besoin immédiat de s'isoler totalement pendant des heures ou des jours pour recharger ses batteries sensorielles et sociales.
Comprendre cette dualité change absolument tout. On réalise que l'on n'est pas "bizarre" ou pleine de contradictions inexplicables : on essaie simplement de faire cohabiter deux systèmes d'exploitation très différents dans un seul et même cerveau.
Pourquoi l'AuDHD est si difficile à identifier
C'est précisément cette dynamique contradictoire qui rend le profil AuDHD si difficile à repérer, y compris par les professionnels.
L'une des deux facettes masque souvent l'autre. Chez certaines personnes, le TDAH est au premier plan : l'agitation, la dispersion, les oublis. L'autisme reste en arrière-plan, camouflé par des années de masquage social. Chez d'autres, c'est l'inverse : la rigueur apparente et les routines cachent un TDAH qui se manifeste surtout dans l'invisible, la lutte permanente pour maintenir l'attention, l'épuisement mental du contrôle.
Et puis il y a le masquage. Les personnes AuDHD ont souvent développé des stratégies de compensation très efficaces pour paraître "normales", observer les codes sociaux, imiter les comportements attendus, contrôler leurs réactions. Ces stratégies fonctionnent, souvent très bien. Elles permettent de passer entre les mailles des bilans. Et elles s'épuisent profondément.
Résultat : beaucoup de personnes AuDHD reçoivent un seul diagnostic (ou aucun) pendant des années, parfois des décennies. Certaines sont diagnostiquées anxieuses, dépressives, "trop sensibles" sans jamais toucher le fond du fonctionnement réel.
Mettre le mot AuDHD sur son fonctionnement n'est pas une étiquette de plus. C'est une libération.
Pas parce que le mot règle quoi que ce soit. Mais parce qu'il permet enfin de cesser de se blâmer pour ses contradictions. De comprendre que ce n'est pas un manque de volonté, un problème de caractère ou une fragilité personnelle. C'est simplement deux systèmes d'exploitation très différents qui cohabitent dans le même cerveau, et qui tirent parfois dans des directions opposées.
À partir de là, on peut commencer à travailler autrement. Non plus contre soi-même, mais avec son fonctionnement réel.
Pour moi, c'est exactement ce que cette prise de conscience a changé. J'ai arrêté d'essayer de "me corriger" pour correspondre à des normes qui n'étaient pas faites pour moi. J'ai commencé à construire un quotidien qui respecte mes deux facettes plutôt que d'en sacrifier une pour l'autre.
L'AuDHD se manifeste dans des situations très précises du quotidien, des paradoxes que vous reconnaîtrez peut-être immédiatement.
J'explore ces paradoxes en détail → https://www.dominiqueflour.com/post/conflit-tdah-et-tsa
Si vous vous demandez comment construire un quotidien qui respecte ces deux facettes → https://www.dominiqueflour.com/post/adapter-son-quotidien-audhd
Si ce que vous venez de lire résonne si vous avez passé des années à vous sentir "trop" dans certaines situations et "pas assez" dans d'autres, à vous contredire vous-même sans comprendre pourquoi.
Comprendre son profil AuDHD est un premier pas. L'accompagnement permet d'aller plus loin : construire un rapport à soi-même et à son quotidien qui ne repose plus sur l'effort permanent de se corriger.
Je propose un appel découverte de 30 minutes, sans engagement, pour qu'on explore ensemble où vous en êtes.
Je suis Dominique Flour, coach psycho-émotionnelle spécialisée dans l'accompagnement des adultes neuroatypiques (HPI, TDAH, TSA, diagnostiqués ou non). Ce chemin, je le connais autant par ma pratique que par mon propre parcours. Mon objectif est de vous aider à décoder vos mécanismes de suradaptation pour apaiser la surcharge mentale et reconstruire une vie alignée avec votre fonctionnement réel.


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