Le chaînon manquant : Comprendre l’AuDHD et pourquoi tout fait enfin sens !
- dominiqueflour
- 21 mai
- 3 min de lecture

Pendant longtemps, j’ai eu l’impression d’avancer avec un puzzle auquel il manquait une pièce maîtresse. J'arrivais à identifier certains aspects de mon fonctionnement, mais d'autres semblaient se contredire totalement. Aujourd’hui, je sais enfin. Il me manquait un élément crucial pour comprendre la totalité du tableau : l’AuDHD.
Derrière ce terme encore peu connu en francophonie se cache une réalité vécue par de nombreuses personnes : la cohabitation, au sein d'un même cerveau, de l'autisme (TSA) et du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).
Si vous vous sentez constamment tiraillé entre un besoin viscéral de calme et une quête insatiable de nouveauté, cet article est pour vous. Loin du jargon médical, je vous propose de décrypter ce double diagnostic et de partager avec vous ce que change cette prise de conscience au quotidien.
1. L’AuDHD, c’est quoi exactement ?
Le terme AuDHD est un néologisme anglophone, contraction de Autism (TSA) et de ADHD (le TDAH en anglais). Il désigne la présence simultanée de ces deux neuroatypies chez une même personne.
Pendant très longtemps, les manuels de diagnostic psychiatrique (comme le DSM) interdisaient de cumuler ces deux diagnostics. On considérait que l'un excluait l'autre. Heureusement, la recherche a évolué, et on sait aujourd'hui que cette cooccurrence est en réalité très fréquente.
Pour mieux comprendre, voici comment se définissent ces deux facettes :
Le TSA (Trouble du Spectre de l’Autisme) : Il se caractérise notamment par une hypersensibilité sensorielle, un besoin de prévisibilité, de routines rassurantes, et une manière unique de traiter les interactions sociales et les centres d'intérêt.
Le TDAH (Trouble du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) : Il se manifeste par une dysrégulation de l'attention, une recherche constante de nouveauté et de stimulation (recherche de dopamine), une propension à la procrastination et une impulsivité (qui peut être motrice ou purement mentale).
Avoir un profil AuDHD, ce n'est pas simplement "additionner" de l'autisme et du TDAH. C'est une dynamique interne unique, où les besoins de l'un viennent constamment télescoper les besoins de l'autre. C'est précisément ce qui rend ce profil si difficile à identifier au début, car l'une des deux facettes masque souvent l'autre.
2. Le paradoxe vivant : quand deux mondes s’affrontent
Vivre avec l'AuDHD, c’est souvent avoir l’impression d’être assis entre deux chaises, ou de conduire une voiture en appuyant en même temps sur le frein et sur l’accélérateur. C'est un profil fait de paradoxes intenses qui peuvent être épuisants tant qu'on ne les comprend pas.
Voici quelques-uns des tiraillements les plus fréquents au quotidien :
Le besoin de routine face à la quête de nouveauté : Ma part autistique a un besoin viscéral de structure, de prévisibilité et de calme pour ne pas saturer. Mais ma part TDAH, elle, déteste la routine, s'ennuie instantanément et réclame constamment du changement, de l'imprévu et de la nouveauté.
L'organisation chaotique : C'est vouloir désespérément planifier, lister et organiser les choses dans le moindre détail (pour rassurer le côté TSA), mais se retrouver paralysé par la procrastination ou l'incapacité à prioriser les tâches une fois le moment venu (à cause du TDAH).
La sociabilité à double tranchant : Un élan spontané et chaleureux vers les autres, suivi d'un besoin immédiat de s'isoler totalement pendant des jours pour recharger ses batteries sensorielles et sociales.
Comprendre cette dualité change absolument tout. On réalise que l'on n'est pas "bizarre" ou pleine de contradictions inexplicables : on essaie simplement de faire cohabiter deux systèmes d'exploitation très différents dans un seul et même cerveau.
Conclusion : Mettre des mots pour enfin avancer
Mettre le mot AuDHD sur mon propre fonctionnement n'a pas été une étiquette de plus, mais une véritable libération. Cela m’a permis de cesser de me blâmer pour mes paradoxes et d'apprendre à composer avec mes deux facettes plutôt que de les laisser se combattre.
Accueillir sa neuroatypie, c'est le premier pas pour réinventer son quotidien, son organisation et sa posture, d'une manière qui respecte enfin sa personne.
Et vous ? Est-ce que ce profil de "paradoxe vivant" vous parle ? Ressentez-vous parfois ce besoin de structure qui télescope une envie de tout envoyer valser ? On se retrouve pour un appel découverte et continuer la discussion !



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